• Comment le populisme exécute le manuel autoritaire contre l’audiovisuel public

    La commission est finie. Le mal est fait. Et il ne vient pas de nulle part.

    A l’issue de sa dernière audition, Delphine Ernotte a prononcé quatre mots : « L’audiovisuel public est debout. » Il fallait du cran pour les dire après quatre mois de ce que nous venons de vivre. Il faut maintenant du courage politique pour appeler les choses par leur nom.

    Ce que Charles Alloncle a conduit à l’Assemblée nationale depuis novembre 2025 n’était pas une commission d’enquête. C’était une opération de déstabilisation, empruntant les formes de la démocratie pour en saper les fondements. Et cette opération, s’inscrit dans une séquence internationale que nous reconnaissons tous, parce qu’elle a déjà réussi ailleurs.

    Le manuel existe. Il a déjà tué des démocraties.

    En 2001, Vladimir Poutine fait prendre le contrôle de NTV, la principale chaîne d’information indépendante russe. Il n’a pas envoyé des chars. Il a envoyé des actionnaires. Il a utilisé des procédures légales, des commissions de contrôle, des audits fiscaux. La forme était irréprochable. Le résultat fut la fin du pluralisme médiatique russe — et une étape décisive vers ce que la Russie est devenue.

    En 2010, Viktor Orbán a remporté les élections en Hongrie. En moins de dix ans, il a racheté ou fait racheter par des proches l’essentiel des médias privés, asphyxié le service public, et rendu le paysage médiatique hongrois méconnaissable. Chaque étape était présentée comme une réforme. Chaque étape était, en réalité, un verrou supplémentaire sur la démocratie. L’Union européenne a regardé. Et n’a rien fait à temps. Celle qui s’est récemment réaffirmée comme son « amie » et candidate à la présidence française approuve par son silence.

    Aux États-Unis, Donald Trump a qualifié les journalistes d’« ennemis du peuple » dès son premier mandat — une formule stalinienne, rappelons-le. Il a transformé chaque conférence de presse en tribunal, chaque commission sénatoriale en scène d’humiliation, chaque chaîne publique en cible de campagne. Fox News amplifiait. X diffusait. Et la réalité se fragmentait jusqu’à ce que plus personne ne sache ce qui était vrai.

    Le manuel du fausse-voyeur démocratique en quatre déclinaisons

    Poutine – Russie

    Étape 1 : la procédure. On ne censure pas, on contrôle, on audite, on convoque. La forme légale protège. Le fond détruit. NTV contrôlée par des actionnaires, pas par des soldats.

    Orbán – Hongrie

    Étape 2 : l’érosion. On délégitimise avant de privatiser. On convainc l’opinion que le service public est partial, coûteux, inutile. Puis on laisse les oligarques proches du pouvoir ramasser les morceaux.

    Trump – États-Unis

    Étape 3 : la saturation. On ne cherche pas à convaincre, on sature, on outrage, on épuise. Les extraits tronqués sur les réseaux, les qualificatifs militants, les « fake news » permanentes. La vérité se noie dans le bruit.

    Alloncle – France

    Étape 4 : l’importation. Commission d’enquête transformée en tribunal. Document Word partagé en temps réel pour alimenter le rapporteur. Extraits tronqués diffusés sur X. Soutien assumé de la galaxie Bolloré. Ambition déclarée : le ministère de la Culture de Jordan Bardella (ou de la Censure ?).

    La différence d’échelle ne change pas la nature de la chose. Charles Alloncle n’a pas (encore) les moyens de Poutine ni le pouvoir d’Orbán. Mais il applique exactement la même logique à l’échelle qui est la sienne : délégitimer, discréditer, préparer le terrain. Fossoyeur en apprentissage, mais fossoyeur quand même.

    Un CV et le courage des lâches

    Trente-deux ans, bien peigné, bien formé, bien connecté. Charles Alloncle est tout sauf un idiot. C’est ce qui rend sa démarche inexcusable. L’ignorance peut expliquer bien des choses ; la compétence ne pardonne rien. Il sait exactement ce qu’il fait. Il sait que ses extraits tronqués sont des mensonges par sélection. Il sait que ses « Hallucinant ! Ahurissant ! » postés sur X ne sont pas du journalisme. Il sait que comparer l’audiovisuel public à l’affaire Dreyfus, comme il l’a laissé faire en couverture de L’Incorrect, est une indécence que son propre président de commission a condamnée.

    Il le sait. Et il continue. Parce que cela cartonne sur les réseaux. Parce que Pascal Praud le couvre de louanges. Parce qu’Éric Ciotti l’a mandaté pour cela. Parce que Jordan Bardella attend, et qu’un portefeuille ministériel se mérite.

    « Charles Alloncle se comporte comme un petit procureur maccarthyste. On se croirait en plein procès soviétique de l’audiovisuel public, où l’acte d’accusation est déjà rédigé. » Ayda HADIZADEH, députée Socialiste.

    L’adjectif « maccarthyste » n’est pas une exagération rhétorique. Joseph McCarthy, sénateur américain des années 1950, avait inventé précisément ce dispositif : convoquer des citoyens devant une commission, les accuser de connivence avec l’ennemi idéologique, diffuser les charges avant tout jugement, laisser la machine médiatique amplifier. Il a fallu qu’Edward R. Murrow, journaliste de CBS, dise en direct ce que tout le monde voyait, pour que le charme se brise. Soixante-dix ans plus tard, Charles Alloncle rejoue la scène. Et Pascal Praud joue le rôle de ceux qui applaudissent.

    Bolloré, Fox News et la même usine

    Arrêtons de faire semblant de ne pas voir. CNews n’est pas une chaîne d’information avec des biais ; c’est un outil politique, construit sur le modèle de Fox News, qui a pour mission de fabriquer le consentement à la destruction de ce qui reste de service public dans ce pays. Roger Ailes a créé Fox News pour ça. Rupert Murdoch l’a financé pour ça. Et quand la chaîne a accompagné Trump jusqu’à la mise en cause des résultats électoraux de 2020, personne n’a prétendu que c’était du journalisme.

    Bolloré a fait le même voyage. Les formats sont copiés, les méthodes identiques, la cible la même : le service public, l’école républicaine, les institutions culturelles : tout ce qui résiste à la marchandisation et à la radicalisation. Que cette chaîne porte Alloncle en triomphe n’est pas un soutien. C’est un aveu de complicité.

    Quand les héritiers de Bolloré vous couronnent héros civique, demandez-vous quel service vous rendez ; et à qui.

    Ce qu’il reste à défendre

    La Hongrie d’Orbán n’a pas perdu sa liberté de presse en un jour. Elle l’a perdue audition après audition, réforme après réforme, privatisation après privatisation — chaque étape présentée comme raisonnable, chaque concession comme un compromis acceptable. Jusqu’au jour où il n’y avait plus rien à défendre.

    L’audiovisuel public français, c’est France Inter dans la voiture d’un travailleur à cinq heures du matin. C’est Arte pour le lycéen qui n’a pas les moyens d’une plateforme de streaming. C’est France 3 qui couvre des actualités locales quand personne d’autre ne le fait.

    C’est, pour reprendre la seule formule qui dit vraiment les choses , le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. Et comme tout patrimoine des plus faibles, il est la première cible de ceux qui veulent que la culture et l’accès à l’information soit réservée à certains.

    Ce n’est pas une querelle de chapelles. C’est une question de civilisation. Les pays qui ont laissé mourir leur service public audiovisuel ne l’ont pas regretté dans l’instant ; ils l’ont regretté le jour où ils ont eu besoin d’une voix libre, et qu’il n’en restait plus une seule.

    Charles Alloncle finira peut-être ministre. Il aura ses couvertures en une de L’Incorrect, ses ovations sur X, ses adoubements dans les matinales de CNews. Ce qu’il laisse derrière lui, ce ne sont pas des réformes. Ce sont les fondations d’un pays moins libre. Et cela, l’histoire le juge ; même quand les contemporains applaudissent.

  • Meeting du 12 mars 2026

    Quentin LAGALLARDE

    Mesdames, Messieurs, mes chers amis, chers camarades,

    Nous avons souvent parlé de socialisme municipal pendant cette campagne. 

    Ce soir, j’ai envie de vous parler de quelque chose qui me touche. Vraiment. Pas d’un sujet que j’ai mis sur ma liste parce qu’il fallait le cocher. D’une conviction. D’une chose dont j’ai découvert la réalité ici et qui est un combat que nous portons à Place Publique.

    Je veux vous parler de ce que ça signifie, concrètement, d’être féministe quand on est élu municipal. De ce que ça donne quand on traduit ce mot en actes. En budgets. En actions votées. Avec cette liste paritaire qui ne l’est pas par obligation mais par conviction.

    Ce féminisme-là a un nom. Je l’appelle le féminisme municipal. Et il tient en trois mots que vous connaissez.

    Protéger. Transformer. Émanciper.

    Ce soir, je veux vous dire ce que ces trois mots signifient pour les femmes de Cherbourg-en-Cotentin.

    PROTÉGER.

    J’aime ce mot. Il est vieux. Il sent l’engagement. Il dit qu’on ne laisse pas tomber.

    Mais je veux être honnête : pendant longtemps, j’ai cru que protéger les femmes, c’était les mettre à l’abri. Les prendre en charge. Faire à leur place.

    J’avais tort.

    Protéger les femmes, ce n’est pas les enfermer dans une protection. C’est construire autour d’elles les conditions qui leur permettent de se tenir debout seules. C’est une différence énorme. Et c’est une différence que j’ai mis du temps à comprendre.

    Les femmes de cette ville nous les voyons tous les jours. Et d’autres sont moins visibles. Celles dans les centres sociaux. Dans des associations. Dans les salles d’attente du centre de santé. Elles sont plus souvent précaires. Elles occupent plus souvent des emplois sous-payés, à temps partiel, sans filet. Seize pour cent des enfants de Cherbourg-en-Cotentin vivent dans une famille monoparentale. Seize pour cent. Ce sont presque toujours des femmes seules qui élèvent ces enfants — avec tout ce que ça signifie en termes de charge, de fatigue, de renoncements.

    Une ville qui dit qu’elle protège ses habitants et qui ferme les yeux là-dessus — cette ville se raconte des histoires.

    Nous, nous avons choisi de ne pas nous raconter d’histoires.

    Nous avons ouvert un centre de santé salarié. Aujourd’hui, 1 200 femmes y sont suivies par une sage-femme. Pas par hasard — parce que nous avons décidé que l’accès aux soins pour les femmes était une priorité. Dans le prochain mandat, nous agrandirons ce centre pour accueillir plus de professionnels, développer l’offre de santé pour les femmes et les enfants, et renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes — avec une éducation à la vie sexuelle et affective qui commence tôt, parce que la protection commence par la connaissance.

    Nous avons créé un plan d’action dédié aux familles monoparentales — tarification adaptée des activités, accès au logement facilité, modes de garde pensés pour elles, services de garde d’urgence pour les imprévus. Parce qu’une mère seule qui perd son mode de garde à sept heures du matin n’a pas besoin d’un discours. Elle a besoin d’une solution.

    Et nous allons plus loin sur la sécurité des femmes dans l’espace public. Nous attendons de pied ferme la future loi sur les polices municipales donnera à nos agents la capacité de verbaliser l’outrage sexiste et sexuel. Nous l’appliquerons. Parce que la rue appartient aux femmes autant qu’aux hommes. Parce que rentrer chez soi sans être harcelée n’est pas un privilège. C’est un droit.

    Protéger. Pas en surplomb. À côté. Ensemble.

    TRANSFORMER.

    Je suis arrivé à Cherbourg en novembre 2013. La première chose que j’ai faite, c’est m’inscrire au club de rugby du quartier des Provinces.

    Et là, j’ai vu quelque chose.

    Il y avait des filles. Des filles qui jouaient vraiment — qui plaquaient, qui courraient, qui gagnaient. Dans un club qui n’avait pas attendu qu’on lui dise d’être mixte. Qui l’avait choisi. Naturellement. Fièrement.

    Ces filles-là n’avaient pas demandé la permission. Elles avaient décidé d’être là. Et le club avait dit : oui. Et la ville avait dit : on vous soutient.

    C’est ça, transformer. Ne pas attendre. Décider.

    Décider que les gymnases ne sont plus réservés aux équipes masculines aux meilleures heures. Décider que nos 200 associations sportives — que nous soutenons et que nous continuerons de soutenir — accueillent les femmes à égalité, pas en supplément. 

    Transformer, c’est aussi transformer la culture. Nous avons le festival « Femmes dans la ville » — pionnier, exigeant, reconnu. Nous allons le soutenir, le renforcer, le réinventer pour qu’il continue d’occuper l’espace public, de bousculer les regards, de poser les questions qui dérangent. Quitte à se faire traiter de wokistes. Une ville qui ne bouscule pas ses habitudes ne se transforme pas. Elle se reproduit.

    Et transformer, c’est transformer la démocratie elle-même. Dans notre projet de renouvellement de la démocratie participative, nous allons faire appel à des habitants experts d’usage — des femmes et des hommes dont la position, la profession ou l’expérience viennent nourrir la décision politique. Ce n’est pas une formule. C’est la reconnaissance que ceux qui vivent la ville savent des choses que les élus ne savent pas. Et que les femmes, souvent, en savent plus que les autres — parce qu’elles organisent, elles anticipent, elles font tenir les choses ensemble.

    Olympe de Gouges l’a écrit en 1791 — et elle a été guillotinée trois mois après pour l’avoir écrit. « La femme a le droit de monter à l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune. » Nous sommes en 2026. Cette tribune — la voilà. Et ces femmes qui la méritent — les voilà.

    Je veux m’arrêter un moment sur les femmes qui portent cette liste avec nous. Elles ne sont pas là parce qu’on leur a fait une place. Elles sont là parce qu’elles ont construit leur place — Elisabeth, Valérie, Colette, Anne, Claudine, Agnès, Anna, et toutes les autres. Retraitée, formatrice, infirmière, assistante sociale, psychologue, prof de danse, agricultrice. Des vies, des engagements, des compétences réelles. Pas des symboles. Des femmes. Et bien sûr avec la pensée émue à Lydie Le Poittevin, dont les combats ont été d’une force inspirante. 

    Notre liste est paritaire. Pas parce que la loi l’exige. Parce que nous y croyons. Parce qu’une liste qui prêche l’égalité et place les femmes en queue de cortège est une liste qui se contredit.

    Je suis fier d’être sur cette liste avec elles. Vraiment fier.

    ÉMANCIPER.

    C’est le mot que je préfère des trois. Et peut-être le plus difficile à tenir.

    Parce qu’émanciper, ce n’est pas offrir. Ce n’est pas accorder. Ce n’est pas décider à la place de. Émanciper, c’est ouvrir des possibles que des femmes pourront saisir — ou pas — selon ce qu’elles choisissent pour elles-mêmes. C’est la différence entre la liberté donnée et la liberté construite.

    J’aime cette idée. J’y crois profondément.

    L’émancipation passe d’abord par le concret le plus banal. Nous allons créer deux nouvelles Unités Familiales d’Accueil Collectif — des assistantes maternelles embauchées par la Ville, exerçant dans des locaux municipaux, au centre social Françoise Giroud et à l’école de la Polle. Et au sein de la crèche des Églantines, une crèche-école pour former les professionnels de la petite enfance. Pourquoi est-ce féministe ? Parce qu’une femme qui n’a pas de mode de garde pour ses enfants n’est pas libre — même si personne ne la retient. Ces crèches, ces assistantes maternelles, ces horaires adaptés : ce ne sont pas des détails de gestion. Ce sont des actes qui déverrouillent des vies.

    L’émancipation passe par la culture. La gratuité totale des musées Thomas-Henry et de la Libération toute l’année. La bibliothèque Jacques Prévert avec des horaires élargis. Le nouveau conservatoire. Les 120 associations culturelles soutenues. Ces espaces où les femmes peuvent exister autrement que dans leur rôle d’aidante, de mère, d’organisatrice invisible de la vie familiale. Une ville qui investit dans la culture investit dans la liberté. Ce n’est pas une dépense. C’est un pari sur l’avenir.

    L’émancipation passe par le sport. Je reviens aux Provinces parce que je l’ai vu de mes yeux : quand une fille apprend à tomber et à se relever, à occuper de l’espace sans s’excuser, à compter sur ses coéquipières et à être comptée par elles — elle apprend quelque chose d’essentiel. Elle apprend qu’elle a le droit d’être là. Pleinement. Sans avoir à le justifier. Avec la livraison du palais des sports Chantereyne début 2027, avec la rénovation des équipements dans toutes les communes déléguées, nous donnons aussi aux femmes de cette ville les mêmes espaces, les mêmes créneaux, les mêmes conditions. Pas un geste. Un engagement.

    L’émancipation passe enfin par la démocratie — par une ville qui ne prend pas ses décisions sans les femmes. Par un Conseil des jeunes renouvelé où les voix féminines comptent. Par des ateliers citoyens de proximité qui incluent celles qu’on entend trop peu. Leurs besoins ne sont pas des besoins particuliers. Ils sont humains. Ils méritent la même attention que tous les autres.

    Je ne vais pas vous mentir en vous disant que c’est simple. Que les résistances n’existent pas.

    J’ai de la colère. Une colère tranquille, mais réelle.

    Je suis en colère contre l’extrême droite qui parle d’égalité es et s’oppose à chaque outil concret qui permettrait à cette égalité d’exister. Les services publics — trop chères. Les quotas — trop contraignants. La remise en cause de l’IVG chèrement acquis. Vingt-cinq pour cent d’écart de salaire entre femmes et hommes. Des décennies. Et toujours de l’étonnement.

    Je suis en colère contre ce populisme qui n’ose pas toujours le dire franchement mais qui le pense — les femmes chez elles, les hommes au pouvoir. Ce retour à un ordre du monde que nous refusons. Absolument. Sans négociation.

    Et je suis en colère — c’est la plus douloureuse — contre nous-mêmes, parfois. Contre cette tentation, dans notre camp, de ranger le féminisme parmi les sujets secondaires. D’y revenir quand les vraies questions seront réglées. Il n’y a pas de sujets secondaires quand on parle de la moitié de l’humanité. L’égalité est une priorité. Elle l’a toujours été. Elle le restera. Rappelons-nous Jean Ferrat : la femme est l’avenir de l’homme. 

    Simone de Beauvoir le disait avec une clarté qui devrait nous tenir éveillés : « Il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. » Nous traversons une crise. Plusieurs, même. Et la tentation de céder est là — à droite, à l’extrême droite, et parfois dans nos propres rangs. Non. Pas ici. Pas dans cette ville.

    Alors voilà ce que je veux pour dimanche.

    Je veux qu’on se lève. Qu’on aille voter. Et qu’on pense, en glissant le bulletin dans l’urne, à toutes les femmes de cette ville qui méritent mieux que des promesses.

    À la mère seule qui attendait une solution de garde d’urgence. À la femme suivie par la sage-femme du centre Brès-Croizat. À celle qui veut jouer au rugby dans les Provinces et qui mérite d’y être accueillie comme une évidence. À celle qui rentrera chez elle ce soir sans être harcelée — parce que nous aurons fait en sorte que la rue lui appartienne aussi. Aux femmes extraordinaires sur cette liste. 

    C’est pour elles, aussi, que nous faisons de la politique.

    Protéger. Transformer. Émanciper.

    Ce ne sont pas trois mots de programme. Ce sont trois engagements. Envers la moitié de Cherbourg-en-Cotentin qu’on n’entend pas encore assez.

    Et pour les tenir — pour ces six années qui viennent — il y a un homme. Un homme qui a prouvé, acte après acte, que ces mots ne sont pas des ornements. Ce sont des chantiers ouverts et des engagements tenus.

    Alors, je vous dis avec toute la conviction de ce que je crois et de ce que j’ai vu :

    Soutenons Benoît Arrivé !

    Faisons de Cherbourg-en-Cotentin ce qu’elle est déjà en train de devenir.

    Une ville phare. Une ville qui montre que le féminisme municipal — le vrai, celui qui change la vie des femmes, silencieusement, acte par acte — est possible. Est réel. Est là.

    Une ville féministe, une ville ensemble !

    Merci !

  • Démocrates et populistes : deux conceptions radicalement opposées de la politique

    Le discours public actuel mélange les termes Le populisme se présente volontiers comme une démocratie plus vraie, plus directe, plus conforme au « peuple ». À l’inverse, les démocrates sont accusés de technocratie, de distance, de mépris. Cette confusion est périlleuse. Car démocrates et populistes ne s’affrontent pas sur des détails, mais sur leur vision du pouvoir, du peuple et de la vérité.

    Ce n’est pas un clivage partisan, c’est un clivage philosophique et institutionnel.

    Le peuple : pluralité démocratique ou fiction populiste

    Pour les démocrates, le peuple est pluriel. Il est parcouru d’intérêts opposés, d’histoires sociales distinctes, de sensibilités parfois antagonistes. La démocratie, c’est justement organiser cette diversité sans la nier, par le débat, la délibération, le compromis.

    Le populisme, lui, se fonde sur une conception homogène et morale du peuple. Il y aurait un « vrai peuple », uni, doté d’un bon sens inné, face à des élites corrompues et des groupes présentés comme étrangers ou illégitimes.

    Le politiste Cas Mudde définit le populisme comme une idéologie qui oppose un « peuple pur » à des « élites corrompues ». Cette simplification est sa force… et sa dangerosité.

    La démocratie tolère le désaccord.
    Le populisme le soupçonne.

    Le conflit : discussion organisée ou désignation de l’ennemi

    La démocratie légitime le conflit. Elle l’organise par des règles : séparation des pouvoirs, élections libres, justice indépendante, presse libre. Le conflit n’est pas refusé ; il est civilisé.

    Le populisme, lui, ne met pas en forme le conflit : il le personnalise. Il ne parle pas des désaccords, il nomme des coupables. Les institutions sont des freins, les contre-pouvoirs des ennemis, les médias des adversaires.

    L’historien Pierre Rosanvallon explique que le populisme se nourrit de la crise de la représentation, mais qu’il y apporte une fausse réponse : supprimer les médiations plutôt que de les refonder.

    La démocratie institutionnalise le conflit.
    Le populisme l’aggrave.

    La vérité : complexité assumée ou simplification extrême

    La démocratie est une idée difficile : la vérité politique est toujours approximative, contestable, perfectible. Elle suppose des faits établis, des expertises contradictoires, une presse libre, la capacité d’admettre l’erreur.

    Le populisme, lui, prétend à une vérité instantanée, intuitive, émotionnelle. Ce qui se ressent devient réalité. Ce qui gêne est balayé comme mensonge, complot ou manipulation. Le savoir est suspect ; le doute est trahison.

    La philosophe Hannah Arendt avait déjà démontré à quel point la démolition du rapport aux faits est une menace pour la démocratie. Sans faits communs, il n’y a plus de débat, seulement des batailles.

    La démocratie assume la complexité
    Le populisme la déteste.

    Le pouvoir : responsabilité ou incarnation

    En démocratie, le pouvoir est provisoire, contrôlé et limité. Les gouvernants sont responsables devant les citoyens, mais aussi devant le droit, les institutions, l’histoire. Nul n’est la volonté générale.

    Le populisme, lui, va dans le sens d’une hyper-personnalisation du pouvoir. Le chef se dit le peuple lui-même Toute critique devient une attaque contre la volonté populaire elle-même. Le chef parle « au nom de », puis « à la place de ».

    Ce dérapage n’est pas fortuit : il est structurel.

    Une revendication démocratique mal défendue

    Il serait trop facile de dresser des démocrates vertueux contre des populistes pervers. Le populisme se nourrit également de défaillances démocratiques bien réelles : sentiment d’abandon, inégalités territoriales, éloignement des lieux de pouvoir, langage politique coupé du réel.

    Mais la réponse démocratique ne saurait être l’abandon de ses propres valeurs. On ne bat pas le populisme en le copiant, en caricaturant, en moralisant les électeurs.

    Un choix de civilisation politique

    La différence entre démocrates et populistes n’est pas une bataille sémantique. Elle entreprend une vision du monde.

    La démocratie est lente, imparfaite, exigeante.
    Le populisme est rapide, attrayant, brutalement simple.

    La première veut faire société malgré les désaccords
    Le second se nourrit de la désignation d’ennemis.

    En temps de fatigue démocratique, le populisme est une réponse. Il n’est qu’un raccourci périlleux. Défendre la démocratie aujourd’hui, ce n’est pas ignorer les colères : c’est refuser d’en faire une arme contre l’État de droit.

  • Discours municipales – 13 janvier 2026

    Meeting de lancement de campagne

    Cherbourg-en-Cotentin – 13 janvier 2026

    Mesdames, Messieurs, mes chers amis,

    Je ne suis pas venu vous promettre la lune, cet astre que tant de candidats offrent avec générosité aux électeurs avant de constater, sitôt élus, qu’ils ne disposaient en réalité que d’un modeste lumignon.

    Je suis venu vous parler de vision. De choix. Et finalement de cet abîme qui nous sépare de nos contradicteurs.

    Le bilan de ce mandat ? Six années de réalisations concrètes et de Passion Commune.

    Des crises traversées ensemble : Covid, guerre en Ukraine, choc énergétique, avec la performance olympique de l’instabilité gouvernementale.

    Des services publics qui ont tenu. Une ville qui a continué d’avancer. Benoît Arrivé vous présentera ce bilan bien mieux que moi.

    Moi, je suis là pour vous dire autre chose. Pour vous expliquer pourquoi Place Publique soutient Benoît Arrivé pour un nouveau mandat.

    Je pourrais vous répondre par des considérations tactiques, par des calculs d’appareils, par ces petits arrangements qui font le charme de la vie politique. Non, simplement par continuité utile avec trois mots qui, depuis Athènes, structurent toute pensée politique digne de ce nom.

    Protéger. Transformer. Émanciper.

     

    PROTÉGER, C’EST L’ART DE NE PAS TOUT BRADER

    Vous me direz : protéger quoi ? Contre qui ? Contre quoi ? Je vais vous le dire.

    Protéger les services publics contre l’idée folle qu’ils seraient des coûts et non des investissements. Contre cette religion du marché qui voudrait que tout – la santé, l’éducation, la sécurité, la culture – soit transformé en marchandise avec son prix, sa courbe de l’offre et de la demande, et ses victimes collatérales que l’on appelle pudiquement « les laissés-pour-compte ».

    Le centre de santé Brès-Croizat, la mutuelle municipale, les services publics de proximité : ce ne sont pas des cadeaux. C’est de la protection. Protection de ceux qui se ruinent pour une complémentaire santé. Protection de ce modèle social que d’aucuns jugent archaïque mais que des millions d’Américains nous envient.

    Protection de nos aînés qui ne doivent pas choisir entre se chauffer et se soigner. Parce qu’une ville qui abandonne ses aînés n’est pas une ville, c’est un désert moral avec des lampadaires.

    Protéger, c’est aussi protéger notre environnement. Cherbourg-en-Cotentin est une ville côtière. Les tempêtes ne sont pas pour nous des abstractions télévisuelles, ce sont des réalités qui frappent à nos portes. La transition écologique n’est pas, comme le croient certains, une lubie de bobos. C’est une nécessité vitale pour qui habite près de la mer et se souvient que la nature, lorsqu’elle est maltraitée, a la regrettable habitude de se venger.

    Et protéger, enfin, c’est assurer la sécurité de nos concitoyens. Sujet sensible sur lequel certains excellent dans l’art de la surenchère.

    Ils parlent d’ »insécurité galopante ». Formule martiale d’un mauvais roman de gare qui a le défaut de prétendre à la vérité. Oui, la délinquance existe, comme dans toutes les villes. Oui, il y a des incivilités, des cambriolages. Nier cela serait absurde. Mais ce n’est pas l’apocalypse annoncée.

    Nos adversaires ont une solution simple : plus de police, plus de caméras, plus de prison. Package qui a le mérite de la simplicité et l’inconvénient de l’inefficacité. La sécurité ne se décrète pas, elle se construit.

    En réponse à la diminution de la police de proximité actée à l’époque par la droite gouvernementale, nous avons renforcé la police municipale. Et nous avons investi dans la prévention : centres de loisirs, équipements sportifs, pôles culturels. Ce n’est pas de la sociologie bisounours, c’est du bon sens millénaire. Mais il faut avouer que jamais il ne pourra y avoir un policier derrière chaque crotte de chien.

    La sécurité, c’est du travail patient, quotidien. Pas du spectacle électoral.

    Nos adversaires vous promettront le grand soir sécuritaire. Nous vous proposons le long jour du travail sérieux.

    TRANSFORMER, C’EST ÉVITER LA PÉTRIFICATION

    Parce que, pour paraphraser Tancrède dans Le Guépard, il faut que tout change … pour que rien ne change. Formule paradoxale, mais profondément juste : si nous voulons préserver l’essentiel – notre qualité de vie, notre tissu social, notre identité -, il nous faut accepter de transformer les formes.

    Nous transformons les mobilités. Ce n’est pas, comme le crient certains, une déclaration de guerre à l’automobile. C’est simplement la reconnaissance d’une évidence : dans une ville de quatre-vingt mille habitants, le tout-voiture est une impasse. Au propre comme au figuré.

    Nous voulons transformer notre consommation. Donner le droit à une alimentation saine et locale. Une alimentation qui mette en valeur le fruit des travailleurs locaux, maraichers et pêcheurs. Pour toutes et tous. Ce n’est pas pour le folklore.

    Nous continuerons sur la dynamique du mix-énergétique et de l’industrialisation de notre territoire. Cette dynamique a produit un effet que nous n’osions plus espérer : Cherbourg-en-Cotentin est désormais reconnue parmi les villes les plus dynamiques du pays. Pas de Normandie. Du pays. Nous sommes sortis de ce statut de « ville en bout de ligne » que certains nous assignaient avec condescendance. Nous transformons. Nous ne gesticulons pas, nous transformons.

     

    ÉMANCIPER, C’EST LA DÉMOCRATIE PRISE AU SÉRIEUX

    Le mot est beau. En politique, il signifie : donner aux citoyens les moyens de leur autonomie. Pas leur dicter ce qu’ils doivent penser – nous laissons cet exercice périlleux à d’autres -, mais leur donner les outils pour penser par eux-mêmes.

    Nous associons les habitants aux grands projets. La démocratie participative, ce n’est pas une menace pour la démocratie représentative. C’en est le complément naturel. Nous aurons toujours à cœur ces fondements : écouter, consulter, associer.

    Nous émancipons par la culture. La culture n’est pas un luxe de l’esprit réservé à quelques initiés. C’est un droit qui émancipe. Un homme qui lit est un homme libre. Un citoyen qui va au musée, qui écoute de la musique, qui regarde du théâtre, est un citoyen que l’on manipule moins facilement.

    Nous émancipons par le sport. Le sport, ce n’est pas que du spectacle télévisuel. C’est de l’émancipation par le corps. Mens sana in corpore sano, comme disaient les Latins avec leur bon sens.

    Voilà notre triptyque. Protéger, transformer, émanciper. Ce n’est pas une trouvaille marketing, nous laissons cet art délicat à d’autres. C’est notre grille de lecture du réel.

    Qu’apporte Place Publique à cette union ?

    Nous rejoignons cette vision collective : une gauche qui pense juste et agit concrètement. Des mots qui se traduisent en actes. Une politique sans cynisme, mais avec méthode. Une gauche exigeante et proche, attachée aux idées citoyennes, européennes et locales. Une idée de la démocratie vivante.

    Place Publique est un mouvement girondin, ancré dans les territoires. Nous ne croyons pas aux solutions descendues d’un Sinaï parisien. Nous croyons à la démocratie participative. Méthode subversive, vous en conviendrez, dans un pays jacobin comme le nôtre.

    Car voyez-vous, la démocratie ne tient pas par le sommet, mais par ses racines. Ces racines, ce sont nos communes. S’engager aux municipales, ce n’est pas un choix tactique. C’est d’abord participer au quotidien des Français et faire mentir le procès en « hors-sol ».

    Nous apportons une radicalité écologique assumée. Oui nous voulons un changement dans les mobilités. Oui, nous voulons cent pour cent de produits locaux ou bio dans les cantines. Pas quatre-vingt-dix pour cent. Cent pour cent. Oui, nous voulons promouvoir la pêche artisanale. Ce n’est pas du folklore, c’est de la cohérence. On ne peut pas pleurer sur le déclin de la pêche artisanale et continuer à importer du poisson surgelé.

    Nous apportons une exigence de justice sociale. Envisager un budget féministe pour mesurer l’impact de chaque euro sur l’égalité femmes-hommes. Une tarification solidaire des transports renforcée. Parce que se déplacer n’est pas un privilège, c’est un droit.

    Et nous apportons une vision qui relie les échelles. La commune n’est pas l’antichambre de la politique : elle en est le socle.

    Voilà ce que nous apportons. Voilà notre vision.

    Face à nous, arithmétique électorale oblige, une coalition macronistes et droite.

    Ils vont nous dire que tout cela coûte trop cher.

    Eux choisissent la ville qui s’adapte au marché. Nous choisissons la ville qui protège.

    Pour eux, les services publics sont des coûts. Pour nous, des investissements. Le choix est clair.

    CONCLUSION : CHERBOURG-EN-COTENTIN, VILLE PHARE

    Mesdames, Messieurs, mes chers amis,

    L’engagement politique n’est pas une science exacte. Si ça l’était, nous confierions les affaires publiques à ChatGPT et nous irions tous faire du jardinage, activité certainement plus reposante et moins sujette aux déconvenues.

    Non, l’engagement politique est un pari. Un pari sur l’intelligence collective. Sur la capacité des femmes et des hommes à se saisir de leur destin. Sur la démocratie.

    Place Publique fait ce pari. Avec Benoît Arrivé. Avec cette équipe. Avec vous.

    Les enjeux du prochain mandat sont connus. Développement économique et ses corollaires, santé et logement. Services publics de proximité. Rénovation urbaine. Mais au-delà de ces enjeux, il y a une ambition qui donne son sens à tout : faire de Cherbourg-en-Cotentin un phare de la Normandie.

    Un phare. Le mot n’est pas choisi au hasard. Un phare n’éclaire pas que lui-même, ce serait du narcissisme architectural. Il éclaire le territoire. Le Cotentin et la Normandie.

    Pour cela, nous nous engageons à protéger. Les services publics qui nous tiennent debout. L’environnement qui est notre maison commune. Les plus fragiles qui ont droit à une vie digne. La sécurité de chacun par une politique de prévention et de proximité. Ce qui fait de nous une communauté unie par la solidarité et la fraternité, ces vieux mots de la République qui retrouvent tout leur sens.

    Nous nous engageons à transformer. Les mobilités pour respirer. Les quartiers pour mieux vivre. L’économie pour qu’elle serve l’humain et la planète. La démocratie pour qu’elle soit vivante, réelle, quotidienne.

    Parce que la transformation n’est pas une menace, c’est une promesse.

    Nous nous engageons à émanciper. Par la démocratie locale qui donne le pouvoir d’agir. Par la culture qui ouvre les horizons. Par le sport qui libère les corps. Par l’éducation qui construit les esprits libres.

    Parce qu’une ville qui n’émancipe pas ses citoyens n’est qu’une coquille vide avec des équipements.

    Protéger, transformer, émanciper.

    Pour faire de Cherbourg-en-Cotentin une ville accueillante, où l’on peut voir un médecin sans attendre six mois, prendre un bus sans consulter un oracle, inscrire son enfant à la crèche sans calculs probabilistes.

    Une ville attractive, où les entreprises se développent, où l’on se loge dignement, où la transition écologique n’est pas un slogan mais une réalité.

    Une ville résiliente, qui anticipe, se prépare, construit au lieu de subir.

    Ce n’est pas un slogan ; nous laissons les slogans à ceux qui n’ont pas d’idées. C’est notre boussole. Notre grille de lecture.

    Parce que Cherbourg-en-Cotentin mérite mieux que les petits calculs de ceux qui confondent politique et comptabilité.

    Parce que Cherbourg-en-Cotentin mérite un projet à la hauteur de son histoire et de ses ambitions.

    Ce projet, c’est le nôtre. C’est celui d’une ville qui protège, transforme et émancipe.

    D’une ville solidaire, écologique, démocratique.

    D’une ville phare qui éclaire au lieu de suivre.

    Je vous ai promis au début de ne pas vous offrir la lune. Je vous offre quelque chose de plus modeste mais de plus solide : un projet ancré dans le réel, une équipe – avec Benoit Arrivé – qui a fait ses preuves, une vision qui ne se contente pas de gérer le présent mais construit l’avenir.

    C’est ce projet que nous vous proposons en mars prochain.

    Je vous remercie.

     

  • Éoliennes et storytelling politique : quand la posture remplace la stratégie

    Le Rassemblement national a trouvé son ennemi idéal : l’éolienne. Grande, visible, immobile, incapable de répondre ni de voter, elle incarne toutes les peurs que l’on veut projeter sur elle : atteinte aux paysages, menace pour la pêche, soumission à Bruxelles, déclin national. Pendant ce temps, on évite soigneusement de parler de la réalité : supprimer les renouvelables aujourd’hui, c’est mécaniquement renforcer notre dépendance au gaz fossile importé. Singulière conception de la souveraineté. 

    Leur programme est explicite :

    « Rendre aux ménages les 5 milliards de subventions versées notamment aux éoliennes »

    « Arrêter les projets éoliens et démanteler progressivement les parcs existants »

    Ces deux mesures ne sont pas un détail : elles constituent le cœur d’une doctrine énergétique régressive, coûteuse et risquée.

    La réalité physique : remplacer 11 g de CO₂ par 490 g

    Les ordres de grandeur sont connus :

    Éolien : ≈ 11 g de CO₂/kWh

    Nucléaire : ≈ 12 g de CO₂/kWh

    Gaz : ≈ 490 g de CO₂/kWh

    Démanteler les renouvelables avant même que de nouveaux réacteurs nucléaires ne voient le jour (au mieux après 2035) revient à remplacer une énergie très faiblement carbonée par une énergie fossile. Une stratégie climatique qui consiste, en somme, à brûler la maison pour lutter contre l’humidité.

    La souveraineté… importée

    À qui achète-t-on le gaz ? À la Norvège, au Qatar, aux États-Unis… et parfois à la Russie.

    Rappel : en 2022, les prix ont flambé et toute l’économie a tremblé.

    Moins de renouvelables =

    ➡️ plus d’importations,

    ➡️ plus de volatilité,

    ➡️ plus de dépendance géopolitique.

    Un curieux patriotisme énergétique.

    Les 5 milliards : un trompe-l’œil budgétaire

    Ces « 5 milliards » incluent des dispositifs de soutien déjà contractualisés. Les supprimer ?

    Ce serait déclencher des indemnisations massives, ouvrir des contentieux, et renchérir durablement le coût du capital en France.

    Et, fait rarement dit : lorsque les prix de marché sont élevés, les renouvelables reversent de l’argent à l’État via le complément de rémunération.

    Autrement dit, la promesse « on rend 5 milliards » se transformerait vite en : on en paie beaucoup plus… mais en impôts et en dette.

    Démanteler les parcs : la politique de la casse

    Résilier des contrats, payer le démantèlement, perdre une production locale et décarbonée… pour la remplacer par du gaz importé.

    Bilan : plus d’émissions, plus de dépendance, moins d’emplois industriels, plus de précarité énergétique.

    Tout cela pour satisfaire une posture idéologique : raser ce qui fonctionne. Vaste programme !

    Et les pêcheurs ?

    Les parcs éoliens en mer représentent moins de 2 % des surfaces de pêche et 0,1 % de la surface maritime nationale.

    La vraie menace ? Le réchauffement climatique : migration des espèces, acidification des mers, raréfaction des stocks.

    Mais une éolienne, c’est visible sur un tract. Un océan qui se réchauffe, beaucoup moins.

    Une filière industrielle française… qu’on sacrifierait

    Cherbourg, Le Havre, Fécamp : des milliers d’emplois qualifiés et non délocalisables.

    La proposition ? Fermer, stopper, casser.

    Pour mettre quoi à la place ?

    Rien. Le vide.

    La question qui fâche

    Le discours du RN épouse point par point la propagande énergétique du Kremlin :

    ➡️ le gaz, c’est l’avenir,

    ➡️ les éoliennes, le mal,

    ➡️ Bruxelles, l’ennemi.

    Coïncidence ? Peut-être. Mais il existe parfois des dettes dont on ne se libère jamais totalement.

    Certaines ne se remboursent pas en argent… mais en alignement politique.

    Affaiblir nos renouvelables, c’est mécaniquement renforcer les exportateurs de gaz — dont la Russie.

    Difficile d’appeler cela une stratégie de souveraineté.

    Ceux qui paient : toujours les mêmes

    Quand le gaz grimpe, ce sont les ménages modestes, les artisans, les TPE-PME qui subissent à la fin.

    Supprimer des énergies aujourd’hui parmi les moins chères, c’est programmer la hausse des factures au nom… du pouvoir d’achat.

    Le choix : la réalité ou le slogan

    Les renouvelables ne sont pas parfaites. Mais elles : réduisent nos émissions, créent des emplois locaux, renforcent notre souveraineté, nous protègent des chocs géopolitiques.

    Le RN propose l’inverse : plus cher, plus sale, plus dépendant.

    Ils appellent cela un programme.

    J’appelle cela une impasse.

    Nous préférons les faits aux cris, les chiffres aux peurs, l’emploi industriel à la posture.

    Parce que nous n’héritons pas de la Terre : nous l’empruntons à nos enfants. Et ils méritent mieux qu’une politique énergétique écrite sur un tract — et alignée, de surcroît, sur les intérêts d’une puissance étrangère.

  • Mes vœux pour 2026

    En ce début d’année, je vous présente à chacune et chacun mes meilleurs voeux de santé, de sérénité et de confiance retrouvée.

    L’année qui vient de s’écouler a été celle des angoisses : pouvoir d’achat en berne, insécurité, crise démocratique, urgence climatique, fractures territoriales et sociales. Ces réalités alimentent le doute, parfois la colère. Elles réclament surtout une responsabilité collective renforcée.

    Plus que jamais, nous avons besoin d’une politique qui protège, qui rassemble et qui prépare l’avenir. Une politique qui ne cède ni à la facilité du populisme ni au renoncement, mais qui prend la mesure du réel pour y répondre avec justice, efficacité et humanité.

    Nous croyons à une société qui assure la sécurité de toutes et tous, condition de l’exercice des libertés. Une sécurité globale, qui combine prévention, justice, présence humaine et cohésion sociale. Nous croyons à une République qui n’abandonne personne et qui permet à chacun de vivre dignement de son travail.

    Nous croyons également à une transition écologique juste, qui préserve le climat sans opposer les fins de mois à la fin du monde. Une écologie populaire, scientifique, publique, territoriale et sociale.

    Enfin, nous sommes démocrates. Une démocratie exigeante, vivante, pluraliste, qui rejette les simplifications mortifères et les discours de haine. Une démocratie qui remet la raison, le débat et la vérité à l’honneur.

    L’année qui vient doit être celle du courage collectif, de l’écoute et de la reconquête de la confiance. Ensemble, avec courage et clairvoyance, nous pouvons construire un avenir meilleur, plus juste, plus solidaire, plus durable.

    Je vous souhaite une année d’engagement, d’espérance et de fraternité républicaine.

  • Le droit d’asile n’est pas une faiblesse : c’est une leçon tirée des pires horreurs

    À chaque décision de justice qui lui résiste, l’extrême droite hurle.

    Dernier exemple : une décision de la Cour Nationale du Droit d’Asile du 8 décembre, aussitôt transformée en fantasme d’« invasion », d’« appel d’air » et de « grand remplacement ».

    Ces affirmations sont fausses.

    Et surtout, elles sont dangereuses.

    Le droit d’asile est né des crimes du XXᵉ siècle

    Le droit d’asile ne sort pas de nulle part.

    Il est né après les pires catastrophes de l’histoire européenne : les persécutions, les déportations, les frontières fermées à ceux qui fuyaient.

    C’est pour que cela ne se reproduise jamais que les démocraties ont adopté en 1951 la Convention de Genève. Cette convention est actuellement signée par 145 pays.

    Son principe est limpide :

    Quand un individu est menacé et que son État ne peut plus le protéger, il a droit à un examen individuel de sa situation.

    Pas un droit collectif.

    Pas un droit automatique.

    Un droit strict, encadré, juridiquement contrôlé.

    Ce que l’extrême droite ment en disant

    Non, la France n’« ouvre pas grand les portes à 2 millions de réfugiés ».

    Non, elle n’accueille pas seule « tous les Gazaouis ou Palestiniens ».

    Non, une religion ne donne aucun droit particulier — ni en plus, ni en moins.

    La décision de la CNDA concerne un dossier, un homme, une situation précise, jugée au regard du droit, pas de l’idéologie.

    Parler « d’officine gauchiste », c’est refuser une vérité simple : Les juges appliquent la loi, ils ne font pas de politique identitaire.

    « Qu’ils soient accueillis par des pays musulmans » : une rupture républicaine

    Cet argument révèle le fond du problème.

    Il nie l’universalisme.

    Le droit d’asile ne connaît ni religion, ni civilisation, ni origine.

    Introduire la foi comme critère, c’est revenir au tri des êtres humains.

    La République française est laïque précisément pour cela : les droits ne dépendent pas de ce que l’on croit.

    Défendre l’asile, sans naïveté

    Défendre le droit d’asile ne signifie pas nier les enjeux migratoires.

    La République doit être organisée et exigeante.

    Mais elle ne peut pas :

    • piétiner ses engagements,
    • attaquer ses juges,
    • désigner des boucs émissaires,
    • ni céder à la peur.
    Céder sur l’asile, c’est céder sur l’essentiel Républicain

    L’extrême droite ne combat pas le droit d’asile parce qu’il serait dysfonctionnel.

    Elle le combat parce qu’il empêche le retour à une politique de rejet, d’arbitraire et de tri.

    Le droit d’asile est là pour rappeler ce que nous avons appris dans le sang : quand on commence à hiérarchiser les vies, plus personne n’est protégé.

    Le défendre, c’est défendre la République elle-même.

  • Depuis quelques jours, un graphique de l’« Observatoire de l’immigration et de la démographie » circule massivement. On y lit que :

    « En 2024, la population immigrée en France a augmenté de 434 000 personnes, un record historique. »

    Marine Le Pen s’en empare pour accuser le gouvernement d’avoir « organisé l’explosion des flux migratoires » et évoquer une « submersion ».

    Problème : ce chiffre est utilisé de manière trompeuse, car il ne mesure pas ce que Marine Le Pen lui fait dire. Voici pourquoi.

    🔍 1. D’où vient réellement le chiffre de 434 000 ?

    Ce nombre ne correspond pas au nombre d’entrées en France en 2024.

    Il s’agit de la variation estimée du stock d’immigrés vivant en France entre 2023 et 2024, d’après les données de l’INSEE.

    📌 Un immigré, au sens de l’INSEE, c’est :

    Une personne née étrangère à l’étranger et vivant en France, qu’elle ait ou non aujourd’hui la nationalité française.

    Donc :

    ✔ une personne naturalisée reste comptée comme immigrée

    ✔ une personne arrivée il y a longtemps reste comptée comme immigrée

    ✔ cette statistique ne distingue pas la date d’arrivée

    👉 On mesure un stock, pas des flux annuels.

    Confondre stock et flux, c’est aussi grave que confondre « nombre de logements existants » et « nombre de ventes annuelles » : on change complètement de réalité.

    🚨 2. Dire que « 434 000 immigrés sont arrivés en 2024 », c’est faux

    La variation du stock inclut :

    des entrées récentes des retours en France d’immigrés déjà partis des personnes régularisées des naturalisés (qui restent comptés immigrés) des corrections statistiques du recensement moins les décès

    Aucun de ces éléments ne mesure directement l’immigration annuelle.

    👉 Le RN laisse entendre qu’il s’agit d’entrées, alors que la donnée n’est pas de cette nature.

    C’est là que réside la manipulation.

    📊 3. Que disent les chiffres officiels — ceux qui mesurent réellement les flux ?

    Les données du ministère de l’Intérieur pour 2024 indiquent :

    ▶ 343 000 premiers titres de séjour délivrés

    (à des personnes venant de pays hors UE)

    Dont :

    une forte part d’étudiants une part importante d’immigration familiale environ 70 000 protections accordées au titre de l’asile

    Par ailleurs :

    ▶ La France reste en dessous de pays comme l’Allemagne ou l’Espagne en proportion de la population.

    Ces chiffres sont publics, vérifiables, opposables.

    📌 On reste très loin du récit d’une rupture historique.

    🇺🇦 4. Pourquoi la hausse du stock est malgré tout forte en 2024 ?

    Essentiellement pour trois raisons :

    1️⃣ L’accueil des Ukrainiens sous protection temporaire

    Depuis 2022, plus de 100 000 personnes fuyant la guerre ont été protégées en France.

    Elles entrent progressivement dans la population résidente comptabilisée par l’INSEE.

    2️⃣ Le rattrapage post-Covid

    2020–2021 : flux historiquement bas

    2022–2024 : retour progressif à la normale

    Comparer 2024 à ces années-là gonfle mécaniquement l’écart.

    3️⃣ Une forte mobilité étudiante

    La France accueille plus de 320 000 étudiants étrangers.

    Beaucoup restent plus d’un an → ils sont comptés comme immigrés.

    Aucun de ces phénomènes n’a été créé par la France seule.

    Ils relèvent de :

    ✔ un contexte international

    ✔ du droit européen

    ✔ de politiques humanitaires assumées

    🧮 5. Le fameux ratio « x25 » sur les années 1990 : un artifice rhétorique

    Le graphique du RN compare 2024 à la moyenne des années 1990.

    Or les années 1990 sont une période historiquement basse :

    chute de l’immigration de travail durcissement progressif de la législation moindre mobilité internationale

    Comparer une période exceptionnellement basse à une période exceptionnellement dynamique permet d’obtenir :

    ➡ des ratios spectaculaires

    ➡ sans que les flux actuels soient objectivement extrêmes

    C’est un effet de base — connu de tout statisticien — mais jamais expliqué dans le discours politique.

    🏛 6. Qui produit ce chiffre ? Un « observatoire »… militant

    L’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID) :

    est une association loi 1901, financée par des dons n’est pas un service statistique public n’est pas un institut de recherche académique ne publie aucune méthode détaillée soumise à validation scientifique

    Ses productions sont massivement relayées par l’extrême-droite, mais rarement par la communauté scientifique.

    Cela ne signifie pas que tout soit faux —

    mais que la manière de cadrer les chiffres sert une thèse politique.

    ⚠️ 7. Conclusion — Quand les chiffres servent le récit, et non l’inverse

    Oui :

    ✔ la population immigrée a augmenté fortement en 2024

    Mais :

    ❌ cela ne signifie pas que 434 000 personnes sont entrées en 2024

    ❌ cela ne prouve pas une « submersion organisée »

    ❌ cela oublie volontairement le contexte (Ukraine, Covid, étudiants)

    Le RN utilise :

    1️⃣ un chiffre réel

    2️⃣ mais qui ne mesure pas ce qu’il prétend mesurer

    3️⃣ puis l’insère dans un récit anxiogène

    C’est cela, la manipulation :

    👉 faire dire aux chiffres autre chose que ce qu’ils disent réellement.

    🎯 Pourquoi c’est grave ?

    Parce que sur des sujets aussi sensibles que l’immigration, la démocratie a besoin de rigueur, pas d’amalgames.

    Les chiffres existent.

    Les institutions statistiques sont solides.

    Le débat doit se faire sur des faits — pas sur des illusions graphiques.

    Les électeurs ont droit à la rigueur d’analyse et non aux manipulations électorales.

  • Je m’appelle Quentin Lagallarde. Né en février 1983, je suis expert en évaluation immobilière et j’ai fondé en 2016 le Cabinet d’Expertise du Cotentin, que je dirige aujourd’hui. J’exerce ce métier avec une exigence constante de rigueur méthodologique, d’indépendance et d’honnêteté intellectuelle, au service des acteurs publics, privés et judiciaires.

    Je suis conseiller municipal de Cherbourg-en-Cotentin depuis avril 2022 et conseiller régional de Normandie depuis octobre 2022, à la suite du départ d’Anna Pic pour l’Assemblée nationale. J’ai adhéré en 2021 au mouvement Place Publique, convaincu de la nécessité d’une action politique sérieuse, responsable et profondément attachée à l’intérêt général.

    Mon territoire est maritime, et j’y suis profondément ancré. C’est pourquoi je porte une attention particulière aux enjeux de la pêche artisanale, à l’avenir de nos littoraux, à la soutenabilité des filières maritimes et à la transmission des savoir-faire qui font l’identité de la Manche.

    Très impliqué dans la vie associative depuis 2013, je suis vice-président du Rugby Club Cherbourg-Hague depuis trois ans. Je considère le sport comme un levier puissant de cohésion sociale, d’émancipation et de solidarité.

    Mes convictions

    Je crois profondément en la social-démocratie. C’est pour moi la voie d’un progrès social, écologique et économique construit dans le respect de l’État de droit, du pluralisme et du débat démocratique. Elle cherche en permanence un équilibre juste entre liberté individuelle, solidarité collective et responsabilité publique.

    Je suis convaincu que les idées extrêmes conduisent au chaos. L’histoire nous enseigne que les projets politiques fondés sur la division, la désignation de coupables ou la contestation permanente des institutions fragilisent la démocratie et la société tout entière, au détriment des plus vulnérables.

    C’est pourquoi je combat les populismes qui manipulent les peurs et simplifient volontairement des réalités complexes. La politique n’est pas une affaire de slogans : elle exige de la rigueur, de la rationalité et du respect pour les faits. Entretenir l’illusion, promettre l’impossible ou jouer sur les émotions ne construit rien de durable.

    Je considère également que la politique est un droit pour toutes et tous. Chacun doit pouvoir comprendre, participer, débattre, être entendu. Le débat public appartient à l’ensemble des citoyens, et non à un cercle restreint de spécialistes ou de professionnels.

    Mon engagement est guidé par cette conviction simple : nous pouvons faire société ensemble, sans renoncer à nos valeurs ni à notre humanité, en acceptant la complexité du réel et en recherchant des solutions concrètes, justes et viables.

    Pourquoi ce blog

    J’ai créé ce blog pour offrir un espace de réflexion politique exigeant, accessible et honnête intellectuellement.

    À une époque où le débat public est trop souvent dominé par la précipitation et la polémique, je souhaite ici prendre le temps d’expliquer, d’analyser et de proposer. Les sujets abordés seront replacés dans leur contexte juridique, économique, social et territorial.

    Ma démarche repose sur trois principes

    La clarté : rendre compréhensibles des sujets techniques sans les déformer. La rigueur : m’appuyer sur des faits, des données et des sources vérifiables. La responsabilité : exprimer des positions argumentées, respectueuses du débat démocratique.

    Je traiterai notamment de logement, urbanisme, transition écologique, aménagement du territoire, action publique locale et régionale, mer et littoral, pêche artisanale, vie associative et enjeux européens.

    Ce blog n’est pas un outil de polémique. Il se veut un lieu d’explication, de pédagogie et de dialogue. Les remarques et contradictions y ont toute leur place, dès lors qu’elles s’inscrivent dans un échange respectueux.

    Je crois qu’une autre manière de faire de la politique est possible : plus honnête intellectuellement, plus humaine et plus tournée vers l’intérêt général. Ce blog est ma contribution, modeste mais sincère, à cette ambition collective.