Meeting de lancement de campagne
Cherbourg-en-Cotentin – 13 janvier 2026
Mesdames, Messieurs, mes chers amis,
Je ne suis pas venu vous promettre la lune, cet astre que tant de candidats offrent avec générosité aux électeurs avant de constater, sitôt élus, qu’ils ne disposaient en réalité que d’un modeste lumignon.
Je suis venu vous parler de vision. De choix. Et finalement de cet abîme qui nous sépare de nos contradicteurs.
Le bilan de ce mandat ? Six années de réalisations concrètes et de Passion Commune.
Des crises traversées ensemble : Covid, guerre en Ukraine, choc énergétique, avec la performance olympique de l’instabilité gouvernementale.
Des services publics qui ont tenu. Une ville qui a continué d’avancer. Benoît Arrivé vous présentera ce bilan bien mieux que moi.
Moi, je suis là pour vous dire autre chose. Pour vous expliquer pourquoi Place Publique soutient Benoît Arrivé pour un nouveau mandat.
Je pourrais vous répondre par des considérations tactiques, par des calculs d’appareils, par ces petits arrangements qui font le charme de la vie politique. Non, simplement par continuité utile avec trois mots qui, depuis Athènes, structurent toute pensée politique digne de ce nom.
Protéger. Transformer. Émanciper.
PROTÉGER, C’EST L’ART DE NE PAS TOUT BRADER
Vous me direz : protéger quoi ? Contre qui ? Contre quoi ? Je vais vous le dire.
Protéger les services publics contre l’idée folle qu’ils seraient des coûts et non des investissements. Contre cette religion du marché qui voudrait que tout – la santé, l’éducation, la sécurité, la culture – soit transformé en marchandise avec son prix, sa courbe de l’offre et de la demande, et ses victimes collatérales que l’on appelle pudiquement « les laissés-pour-compte ».
Le centre de santé Brès-Croizat, la mutuelle municipale, les services publics de proximité : ce ne sont pas des cadeaux. C’est de la protection. Protection de ceux qui se ruinent pour une complémentaire santé. Protection de ce modèle social que d’aucuns jugent archaïque mais que des millions d’Américains nous envient.
Protection de nos aînés qui ne doivent pas choisir entre se chauffer et se soigner. Parce qu’une ville qui abandonne ses aînés n’est pas une ville, c’est un désert moral avec des lampadaires.
Protéger, c’est aussi protéger notre environnement. Cherbourg-en-Cotentin est une ville côtière. Les tempêtes ne sont pas pour nous des abstractions télévisuelles, ce sont des réalités qui frappent à nos portes. La transition écologique n’est pas, comme le croient certains, une lubie de bobos. C’est une nécessité vitale pour qui habite près de la mer et se souvient que la nature, lorsqu’elle est maltraitée, a la regrettable habitude de se venger.
Et protéger, enfin, c’est assurer la sécurité de nos concitoyens. Sujet sensible sur lequel certains excellent dans l’art de la surenchère.
Ils parlent d’ »insécurité galopante ». Formule martiale d’un mauvais roman de gare qui a le défaut de prétendre à la vérité. Oui, la délinquance existe, comme dans toutes les villes. Oui, il y a des incivilités, des cambriolages. Nier cela serait absurde. Mais ce n’est pas l’apocalypse annoncée.
Nos adversaires ont une solution simple : plus de police, plus de caméras, plus de prison. Package qui a le mérite de la simplicité et l’inconvénient de l’inefficacité. La sécurité ne se décrète pas, elle se construit.
En réponse à la diminution de la police de proximité actée à l’époque par la droite gouvernementale, nous avons renforcé la police municipale. Et nous avons investi dans la prévention : centres de loisirs, équipements sportifs, pôles culturels. Ce n’est pas de la sociologie bisounours, c’est du bon sens millénaire. Mais il faut avouer que jamais il ne pourra y avoir un policier derrière chaque crotte de chien.
La sécurité, c’est du travail patient, quotidien. Pas du spectacle électoral.
Nos adversaires vous promettront le grand soir sécuritaire. Nous vous proposons le long jour du travail sérieux.
TRANSFORMER, C’EST ÉVITER LA PÉTRIFICATION
Parce que, pour paraphraser Tancrède dans Le Guépard, il faut que tout change … pour que rien ne change. Formule paradoxale, mais profondément juste : si nous voulons préserver l’essentiel – notre qualité de vie, notre tissu social, notre identité -, il nous faut accepter de transformer les formes.
Nous transformons les mobilités. Ce n’est pas, comme le crient certains, une déclaration de guerre à l’automobile. C’est simplement la reconnaissance d’une évidence : dans une ville de quatre-vingt mille habitants, le tout-voiture est une impasse. Au propre comme au figuré.
Nous voulons transformer notre consommation. Donner le droit à une alimentation saine et locale. Une alimentation qui mette en valeur le fruit des travailleurs locaux, maraichers et pêcheurs. Pour toutes et tous. Ce n’est pas pour le folklore.
Nous continuerons sur la dynamique du mix-énergétique et de l’industrialisation de notre territoire. Cette dynamique a produit un effet que nous n’osions plus espérer : Cherbourg-en-Cotentin est désormais reconnue parmi les villes les plus dynamiques du pays. Pas de Normandie. Du pays. Nous sommes sortis de ce statut de « ville en bout de ligne » que certains nous assignaient avec condescendance. Nous transformons. Nous ne gesticulons pas, nous transformons.
ÉMANCIPER, C’EST LA DÉMOCRATIE PRISE AU SÉRIEUX
Le mot est beau. En politique, il signifie : donner aux citoyens les moyens de leur autonomie. Pas leur dicter ce qu’ils doivent penser – nous laissons cet exercice périlleux à d’autres -, mais leur donner les outils pour penser par eux-mêmes.
Nous associons les habitants aux grands projets. La démocratie participative, ce n’est pas une menace pour la démocratie représentative. C’en est le complément naturel. Nous aurons toujours à cœur ces fondements : écouter, consulter, associer.
Nous émancipons par la culture. La culture n’est pas un luxe de l’esprit réservé à quelques initiés. C’est un droit qui émancipe. Un homme qui lit est un homme libre. Un citoyen qui va au musée, qui écoute de la musique, qui regarde du théâtre, est un citoyen que l’on manipule moins facilement.
Nous émancipons par le sport. Le sport, ce n’est pas que du spectacle télévisuel. C’est de l’émancipation par le corps. Mens sana in corpore sano, comme disaient les Latins avec leur bon sens.
Voilà notre triptyque. Protéger, transformer, émanciper. Ce n’est pas une trouvaille marketing, nous laissons cet art délicat à d’autres. C’est notre grille de lecture du réel.
Qu’apporte Place Publique à cette union ?
Nous rejoignons cette vision collective : une gauche qui pense juste et agit concrètement. Des mots qui se traduisent en actes. Une politique sans cynisme, mais avec méthode. Une gauche exigeante et proche, attachée aux idées citoyennes, européennes et locales. Une idée de la démocratie vivante.
Place Publique est un mouvement girondin, ancré dans les territoires. Nous ne croyons pas aux solutions descendues d’un Sinaï parisien. Nous croyons à la démocratie participative. Méthode subversive, vous en conviendrez, dans un pays jacobin comme le nôtre.
Car voyez-vous, la démocratie ne tient pas par le sommet, mais par ses racines. Ces racines, ce sont nos communes. S’engager aux municipales, ce n’est pas un choix tactique. C’est d’abord participer au quotidien des Français et faire mentir le procès en « hors-sol ».
Nous apportons une radicalité écologique assumée. Oui nous voulons un changement dans les mobilités. Oui, nous voulons cent pour cent de produits locaux ou bio dans les cantines. Pas quatre-vingt-dix pour cent. Cent pour cent. Oui, nous voulons promouvoir la pêche artisanale. Ce n’est pas du folklore, c’est de la cohérence. On ne peut pas pleurer sur le déclin de la pêche artisanale et continuer à importer du poisson surgelé.
Nous apportons une exigence de justice sociale. Envisager un budget féministe pour mesurer l’impact de chaque euro sur l’égalité femmes-hommes. Une tarification solidaire des transports renforcée. Parce que se déplacer n’est pas un privilège, c’est un droit.
Et nous apportons une vision qui relie les échelles. La commune n’est pas l’antichambre de la politique : elle en est le socle.
Voilà ce que nous apportons. Voilà notre vision.
Face à nous, arithmétique électorale oblige, une coalition macronistes et droite.
Ils vont nous dire que tout cela coûte trop cher.
Eux choisissent la ville qui s’adapte au marché. Nous choisissons la ville qui protège.
Pour eux, les services publics sont des coûts. Pour nous, des investissements. Le choix est clair.
CONCLUSION : CHERBOURG-EN-COTENTIN, VILLE PHARE
Mesdames, Messieurs, mes chers amis,
L’engagement politique n’est pas une science exacte. Si ça l’était, nous confierions les affaires publiques à ChatGPT et nous irions tous faire du jardinage, activité certainement plus reposante et moins sujette aux déconvenues.
Non, l’engagement politique est un pari. Un pari sur l’intelligence collective. Sur la capacité des femmes et des hommes à se saisir de leur destin. Sur la démocratie.
Place Publique fait ce pari. Avec Benoît Arrivé. Avec cette équipe. Avec vous.
Les enjeux du prochain mandat sont connus. Développement économique et ses corollaires, santé et logement. Services publics de proximité. Rénovation urbaine. Mais au-delà de ces enjeux, il y a une ambition qui donne son sens à tout : faire de Cherbourg-en-Cotentin un phare de la Normandie.
Un phare. Le mot n’est pas choisi au hasard. Un phare n’éclaire pas que lui-même, ce serait du narcissisme architectural. Il éclaire le territoire. Le Cotentin et la Normandie.
Pour cela, nous nous engageons à protéger. Les services publics qui nous tiennent debout. L’environnement qui est notre maison commune. Les plus fragiles qui ont droit à une vie digne. La sécurité de chacun par une politique de prévention et de proximité. Ce qui fait de nous une communauté unie par la solidarité et la fraternité, ces vieux mots de la République qui retrouvent tout leur sens.
Nous nous engageons à transformer. Les mobilités pour respirer. Les quartiers pour mieux vivre. L’économie pour qu’elle serve l’humain et la planète. La démocratie pour qu’elle soit vivante, réelle, quotidienne.
Parce que la transformation n’est pas une menace, c’est une promesse.
Nous nous engageons à émanciper. Par la démocratie locale qui donne le pouvoir d’agir. Par la culture qui ouvre les horizons. Par le sport qui libère les corps. Par l’éducation qui construit les esprits libres.
Parce qu’une ville qui n’émancipe pas ses citoyens n’est qu’une coquille vide avec des équipements.
Protéger, transformer, émanciper.
Pour faire de Cherbourg-en-Cotentin une ville accueillante, où l’on peut voir un médecin sans attendre six mois, prendre un bus sans consulter un oracle, inscrire son enfant à la crèche sans calculs probabilistes.
Une ville attractive, où les entreprises se développent, où l’on se loge dignement, où la transition écologique n’est pas un slogan mais une réalité.
Une ville résiliente, qui anticipe, se prépare, construit au lieu de subir.
Ce n’est pas un slogan ; nous laissons les slogans à ceux qui n’ont pas d’idées. C’est notre boussole. Notre grille de lecture.
Parce que Cherbourg-en-Cotentin mérite mieux que les petits calculs de ceux qui confondent politique et comptabilité.
Parce que Cherbourg-en-Cotentin mérite un projet à la hauteur de son histoire et de ses ambitions.
Ce projet, c’est le nôtre. C’est celui d’une ville qui protège, transforme et émancipe.
D’une ville solidaire, écologique, démocratique.
D’une ville phare qui éclaire au lieu de suivre.
Je vous ai promis au début de ne pas vous offrir la lune. Je vous offre quelque chose de plus modeste mais de plus solide : un projet ancré dans le réel, une équipe – avec Benoit Arrivé – qui a fait ses preuves, une vision qui ne se contente pas de gérer le présent mais construit l’avenir.
C’est ce projet que nous vous proposons en mars prochain.
Je vous remercie.